
Le Président du Conseil des ministres de Saad Hariri a reçu vendredi en sa résidence au Centre-ville une délégation parlementaire française formée de Mme Elisabeth Guigou, députée de Seine-St-Denis, et de M. Jean-Jacques Guillet, député des Hauts-de-Seine, en présence de l’ambassadeur de France Denis Pietton, du Chef de Cabinet du Premier ministre Nader Hariri, et de ses conseillers Mohammed Chatah et Hani Hammoud. A l’issue de la réunion, Mme Guigou a déclaré : « Nous sommes là parce que nous travaillons depuis le mois de septembre sur la place de la Syrie dans la région. C’est une mission officielle de l’Assemblée nationale française. Nous sommes venus en Syrie au mois de novembre, et nous revenons ces jours-ci dans la région pour visiter les voisins de la Syrie, et nous terminons par Beyrouth, parce que les relations entre le Liban et la Syrie nous paraissent tout à fait cruciales pour le travail que nous effectuons».
Elle a ajouté : « Nous avons évoqué avec le Premier ministre la question du conflit israélo-palestinien et israélo-arabe, parce que, de notre point de vue, c’est quelque chose qui pèse terriblement sur la situation dans l’ensemble de la région, et qui intéresse, au premier chef, le Liban, mais aussi tous les pays de la région. C’est un conflit israélo-arabe, et au-delà d’ailleurs, puisque l’Iran est évidement, quoique pays non-arabe, partie prenante. Nous avons évoqué les répercussions de la persistance de ce conflit, qui sont particulièrement lourdes ».
Elle a précisé que la réunion a aussi porté sur « la situation intérieure libanaise, les résultats très positifs des décisions prises par le gouvernement de coalition sur les élections, sur les premières nominations, et la feuille de route qui est devant le gouvernement libanais. Et nous avons trouvé le Premier ministre très calme, très déterminé, et en même temps confiant dans l’avenir ».
Interrogée sur sa lecture du sommet qui a rassemble à Damas il y a quelques jours les présidents Iranien Mahmoud Ahmadinijad et syrien Bachar el-Assad, ainsi que le secrétaire général du « Hezbollah » Hassan Nasrallah, elle a répondu : « Nous savons très bien que les rencontres sont régulières entre le président Assad et le président Ahmadinijad, et que Mr Nasrallah participe à ce genre de rencontre. Mais c’est vrai que c’était la première fois que la photo officielle a été faite. Donc nous avons eu des interrogations à ce sujet. Nous avons interrogé d’ailleurs les responsables syriens sur les raisons de cette médiatisation nouvelle. On nous a dit qu’il s’agissait d’un message très clair qui était envoyé, d’une part, aux Etats-Unis, à la suite des déclarations (du secrétaire d’Etat américain Hillary) Clinton, pour dire aux Etats-Unis que personne ne pouvait rien imposer à la Syrie. Vous savez que Mme Clinton avait devant le Congres souhaité qu’il y ait une distance entre l’Iran et la Syrie. Et la deuxième raison qui nous a été donnée, c’était évidemment un message en direction d’Israël, sur le thème : Si quelque chose se passe au Liban, ca aura des répercussions plus larges. Voici les raisons qui nous ont été données. Bon, il est sûr que nous disons qu’en l’absence de progrès sur de réelles négociations de paix, pas sur des discussions qui débouchent sur rien, la situation est dangereuse, malgré le calme apparent. Et tout peut arriver. Donc nous souhaitons, et c’est le message que nous allons tâcher d’apporter, que l’Union européenne soit plus active encore qu’elle ne l’a été, et prenne davantage d’initiatives pour la paix, sachant que la France a joué un rôle très actif, notamment ces derniers temps. Il faut arriver à ce qu’il y ait de véritables négociations ».
Interrogée sur la situation entre le Liban et la Syrie, Guigou a répondu : « Il parait difficile d’imaginer qu’Israël ait intérêt aujourd’hui à faire une action. C’est plutôt le statuquo qui est inquiétant, par l’absence de négociations et de perspectives de paix. Les centaines de milliers de Palestiniens qui sont ici, et en Jordanie puisque le Liban et la Jordanie sont les 2 pays qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés palestiniens, c’est une situation qui ne peut pas s’éterniser. Nous disons qu’il est plus que temps de vraiment se mettre à la table de négociation. Tout le monde connait les termes de la paix, tout le monde les accepte. L’Union européenne a joué un rôle déterminant pour faire accepter ces termes de paix. Maintenant ils sont sur la table : 2Etats, un Etat palestinien viable, l’arrêt des colonisations, Jérusalem partagée, un règlement de la question des réfugiés, cela reste le problème le plus douloureux. Les termes, on les connait, maintenant il faut avancer, et nous ferons ce que nous pouvons, dans nos modestes attributions parlementaires, pour pouvoir faire passer ce message ».










